Une nouvelle GS : [15/05/08]

Ecrit par , le 15-05-2008 12:02

Pages vues : 1169    

Ray Faustin était confortablement assis sur son fauteuil de cuir, une tasse de café à la main droite, et la tête reposée sur la main gauche. Replié sur son bureau en bois noble, il ruminait des paroles incompréhensibles. Et comment ne pas ruminer quand on se retrouve face à un début de crise mondiale quand on est président des Etats-Unis ?
Il n’était que 7h30 quand il entra en premier dans le bureau ovale, lieu de travail habituel du président. On lui fit d’abord passer divers dossiers qu’il analysa d’un œil distrait. Des affaires économiques traditionnelles, des problèmes sociaux déjà résolus. Non, lui ce qu’il attendait et qui le faisait tant ruminer, c’était… le journal. Un nouveau journal dont tout le monde parlait depuis deux jours. Lorsque Winston, son secrétaire personnel, entre dans la pièce avec la liasse de papier sous le bras, Ray se redressa et se frappa les joues.

-C’est ça ? Demanda-t-il d'un air très digne.
-Oui Monsieur.
-Vous l’avez lu, Winston ?
-Oui Monsieur, sur le chemin.
-Et ?
-… je vous laisserai tirer vos conclusions vous-même, termina le secrétaire d’un air mystérieux.
Winston tendit ensuite le journal à son président de patron, qui l’attrapa d’un geste sec. Puis ce dernier, croisant les jambes et tirant une longue gorgée de son café matinal, se mit à lire très attentivement…

 





Après ce premier jet fort difficile à avaler, le président fit une longue pause. Son secrétaire était toujours à son côté et savait qu’il prenait le temps d’encaisser, comme il en avait l’habitude. La mort de Miss Martha Bellic avait tellement chamboulé le monde que rien ne serait pareil, c’était désormais très clair. Qui aurait cru que cette jeune femme serait le déclencheur d’évênements sans précédent ?
Après avoir repris une longue gorgée de son café, qu’il termina d’ailleurs, le président se remit confortablement sur son fauteuil et le tourna en direction de la fenêtre juste derrière, pour avoir la lumière du soleil matinal.




Celui-ci était déjà nettement plus facile à avaler, principalement parce que Ray en faisait partie. Après la mort de Miss Bellic et les questions très insistantes de nombreux organismes, il avait dû se confier à d’autres journalistes, qui les éclairaient. Pourtant, malgré que cet article soit plus simple, il n’en faisait pas moins mal. C’était le crédit du président qui en prenait un coup. Et après s’en être aperçu, celui des Etats-Unis poussa pour la première fois de la journée un juron à haute voix.
-Et merde… Quelle connerie…
Winston sauta sur l’occasion.
-Pourquoi avoir accepté de participer à cette Interview Monsieur ? C’était dangereux et votre crédit en a pris un certain coup.
-Avais-je le choix ? Répondit-il, lassé. Si je ne l’avais pas fait j’y aurais été obligé tôt ou tard. De toutes façons maintenant les gens vont se demander s’il y a encore des parties de notre histoire que ces gens n’ont pas pervertie. Ils sont partout. Peut-être suis-je à ma place parce que le Sanctuaire l’a voulu ?
-Dans ce cas que Dieu bénisse le sanctuaire, Monsieur.
-Lequel ? On vient d’apprendre qu’il y en a plein…
Sur cette dernière remarque sarcastique, le président passa à l’article suivant, demandant d’un geste de la main qu’on lui apporte un nouveau café.



-Vraiment... quels pouvoirs. Nous et nos bombes ne sommes que des enfants... constata le Président.
-Vous y croyez ? Vous pensez vraiment qu'ils peuvent détruire des villes entières ?
-Pourquoi pas ? Vous n'avez pas vu le reportage de Miss Bellic, Winston ?
-Euh, si... c'est vrai.
Le président lui sourit et retourna une nouvelle fois son fauteuil. Il prit le temps de réfléchir à ce qu'il venait de lire. "Des bombes sur pieds" ? Pas vraiment. Ces gens avaient leur propre façon de se battre et agissaient d'une manière peu conventionnelle. Après tout, qui aurait été capable de faire exploser des cités entières ? Ray reposa un peu le journal, et se leva pour aller faire un tour aux toilettes. Pendant ce temps il réfléchit, et en revenant il était encore plus rempli de questions diverses.
-Dites-moi Winston, est-ce que vous avez entendu parler de ces recherches dont il est fait mention ? Demanda-t-il.
-Oui Monsieur, mais c'était assez vague. Je crois qu'elles étaient encore d'ordre civil il y a peu.
-Des gens étaient donc au courant en dehors des leaders ?
-Sans doute. Il faudrait demander au Général Lewis, il saura si des recherches top secrètes ont été menées.
-A mon insu, comme d'habitude...
Légèrement frustré, le président redressa à nouveau son journal et posa les yeux sur le quatrième et dernier grand article. Un examen rapide lui avait permis de comprendre que la suite n'était que remplissage et études sans intérêt sur les informations données par le tournoi intergalactique. D'un air obstiné, Ray s'y remit donc.



A la fin de cet article, le président plia parfaitement le journal et le reposa délicatement. Il se leva ensuite et passa dans une pièce adjacente où il pourrait se rafraichir le visage avec de l'eau. Winston patienta seul quelques minutes jusqu'à ce que son supérieur revienne et se rasseye dans son fauteuil, tournant vers la fenêtre et le Jardin.
-Monsieur ? Tenta le secrétaire.
-Des recherches d'ordre militaire ont été menées et je n'étais pas au courant. Vous l'étiez, vous ? Demanda Ray.
-J'en ai eu vent Monsieur, et je cherchais à savoir si ce n'étaient que des rumeurs quand j'ai appris la parution du Journal.
-Je vois.
Le Président se retourna et reposa les yeux sur le journal. "Le journal", quel drôle de titre d'ailleurs.
-Dites-moi, c'est quoi ce titre ? Ils n'auraient pas pu faire original ?
-Vous voulez parler du Journal ? C'est fait exprès, bien sûr. Il s'est créé spécialement puor l'occasion et ses dirigeants ont décidé qu'il serait l'ultime source d'informations pour toute la période sombre qui approche. D'où le nom.
-Période sombre... bah voyons...
Sur ces mots, le président croisa les bras sur son bureau et y planta sa tête pour se reposer quelques minutes. Bien sûr, il ne se reposa pas le moins du monde et son esprit continua de travailler à toute vitesse. Il avait été dupé, il avait lui-même dupé d'autres personnes, il était embarqué dans une affaire qui lui coûterait sûrement son poste, et le monde était bien parti pour ne plus jamais être le même. Magnifique bilan, pensa-t-il.
Finalement, il releva d'un coup la tête.

-Winston, convoquez l'état-major. J'ai des questions.
-Très bien Monsieur. Ce soir 19h00 ?
-Ce matin, dans une heure. Si il y en a qui dorment encore, balancez leur de l'eau à la gueule si nécessaire.
N'ajoutant pas mot, winston sortit de la pièce à toute vitesse et se dirigea vers son propre bureau pour saisir son téléphone. Le Président, enfin seul, s'autorisa plutôt à poser les pieds sur son magnifique bureau pour étendre un peu les jambes. Le journal posé sur son visage pour lui cacher la lumière, il ne prononça que quelques mots...
-Mais dans quoi on est encore embarqués ? ...

================================

Article et sujet complet sur le forum

 

Soyez le premier à commenter cet article Favoris Imprimer envoyer à un ami Lire la suite

PDF
Mis à jour ( Jeudi, 15 Mai 2008 )